Maintenu deux ans en isolement sans raison

Un citoyen américain vient de se voir attribuer 22 millions de dollars de dommages et intérêts pour avoir passé, sans être jugé, deux années en isolement dans une prison du Nouveau-Mexique.

Vingt-deux mois de détention, 23 heures sur 24 passées dans l'obscurité pour avoir conduit en état d'ivresse un véhicule emprunté à un ami selon lui, volé selon la police. La justice, elle, n'aura jamais son mot à dire. Le procès n'a jamais eu lieu.  En 2005, la vie de Stephen Slevin bascule lorsqu'il se fait arrêter au Nouveau-Mexique. Sur ses vingt-deux mois de détention, il ne sortira de l'isolement que pendant 14 jours, en mai 2007, lorsqu'il fut envoyé dans une clinique psychiatrique de Las Vegas pour un check up. 

Il s'arrache les dents
Selon des documents lus par la Cour fédérale, Slevin a passé vingt-deux mois dans des conditions déplorables: il a perdu un tiers de son poids et a souffert d'infections de la peau, alors qu'il n'était exposé à la lumière naturelle qu'une heure par jour. C'est sa soeur qui a dénoncé le traitement inhumain dont il fut victime, après avoir découvert qu'en raison de l'absence de soins dentaires, il s'arrachait lui-même les dents.

Ce n'est qu'en mai 2007, suite à son hospitalisation, qu'il fut décidé de le relacher un mois plus tard, en raison de la détérioration  de sa santé mentale. Aujourd'hui victime d'un cancer du poumon, Slevin, qui d'après son avocat ne s'est jamais remis de son passage à la prison de Dona Ana, vient d'obtenir d'un tribunal fédéral 22 millions de dollars et intérêts. Un jugement dont le centre de détention a décidé de faire appel.

Pourtant, il ne s'agit pas du premier cas de mauvais traitement dans lequel ce dernier est impliqué. Selon The Daily, en 2004, Frederick Garcia, a, à son tour, été humilié après avoir été arrêté pour conduite en état d'ivresse. "J'ai dû me déshabiller et me mettre à quatre pattes devant les gardiens". Un traitement dont il obtiendra un dédommagement de 5 millions de dollars. Des frais qui, visiblement, n'ont pas modifié les méthodes abusives et inhumaines de ce pénitencier.  (LS)

27/01/2012 20h55

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